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Graffiti Funèbres – Quand les murs de Bruxelles annoncent la mort…

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LE LIVRE AU COMPTOIRBelle découverte

Graffitis Funèbres

Wouter Dehairs

ONLIT Noir · Thrillers · 2026 · 270 pages · Littérature belge · Tous

Et si les graffitis de Bruxelles devenaient les annonces des prochains meurtres ?

À Bruxelles, les murs ont des oreilles. Mais visiblement, ils ont aussi quelques meurtres à annoncer.

Lorsqu’un haut fonctionnaire est retrouvé assassiné devant une fresque représentant son propre supplice, Keller Brik, ancien policier devenu détective privé, comprend rapidement qu’il ne s’agit pas d’un simple règlement de comptes.

Un tueur en série transforme les murs de la capitale en véritables annonces mortuaires. Et derrière ces graffitis se cachent des secrets que certains auraient préféré voir rester enfouis.

Bienvenue dans l’univers de Wouter Dehairs.

Mesdames être Messieurs : l’auteur !

Un thriller venu du Nord… mais de quel Nord ?

Quand j’ai lu sur le bandeau du livre « Un roman qui vient du Nord », mon cerveau a immédiatement pris la direction de la Scandinavie.
Un auteur norvégien ? Suédois ? Danois ?

Eh bien non !

Il faut dire que j’aurais pu avoir un indice en regardant le nom de l’auteur. Parce que Wouter Dehairs, ça sonne quand même davantage néerlandophone que norvégien !
Et quelle belle surprise !

Bon sang, merci !!!
Quelle chance de pouvoir découvrir des auteurs belges néerlandophones en traduction française ! Surtout quand, comme moi, votre néerlandais mériterait un sérieux rafraîchissement. Et je ne parle pas d’un petit coup de chiffon !

C’est d’ailleurs un point que je tiens à souligner et à saluer du côté de ONLIT NOIR.

La littérature belge ne s’arrête pas à la frontière linguistique.

Nous avons des talents au nord comme au sud du pays. Et lorsqu’on peut les faire découvrir à d’autres lecteurs, il faut foncer !
Je suis donc particulièrement heureux de découvrir un nouvel auteur belge.

Parce qu’au fond, c’est aussi ça, la lecture : une histoire de découvertes, de rencontres et de partage.
Bon, assez parlé de géographie linguistique. Revenons à nos cadavres !

Le vaste hall de l’usine où il s’était réfugié ait sombre et abandonné. Il n’entendait rien, sinon le battement de son propre sang contre ses tympans.
Non, le bruit ne venait pas de l’intérieur de son organisme, mais bien de l’extérieur.

Graffitis funèbres – Wouter Dehairs – ONLIT Noir

Un départ sur les chapeaux de roues… puis un petit coup de frein

Première chose à souligner : la traduction de Fabrice Claes.

Elle est fluide, immersive et donne au roman ce petit quelque chose qui vous pousse à tourner les pages. Un vrai plaisir de lecture !
Et puis, Wouter Dehairs ne perd pas de temps.

Le roman commence fort. Très fort même.
Un meurtre, une fresque, une enquête qui s’annonce particulièrement sombre… On entre directement dans le vif du sujet.
Un homme voit un graffiti. Il finit comme l’homme sur le mur…pendu.
Parce qu’on ne parle pas d’un simple graffitis…on parle d’une œuvre travaillée …avec ses particularités

Et surtout, merci de nous épargner l’énième inspecteur de police !
Cette fois, nous suivons Keller Brik, un ancien flic devenu détective privé. Un homme qui connaît les rouages du métier, mais qui évolue désormais en dehors du cadre policier traditionnel.

Cela apporte une autre dynamique à l’enquête. Quelque chose de moins convenu, de plus libre aussi.
Bref, les premières pages m’avaient mis en appétit.

Mais voilà…

Après ce démarrage explosif, j’ai trouvé que le roman prenait un peu trop son temps.

Et c’est assez paradoxal.
Alors que l’ouverture promet une intrigue nerveuse, le récit ralentit pour développer ses personnages, leurs relations et leur passé.

Attention, je ne suis pas contre le développement des personnages. Bien au contraire !
Mais ici, certains passages m’ont semblé un peu longs, parfois même sans grand intérêt immédiat pour l’intrigue.

La tension est présente, mais elle ne suffit pas toujours à maintenir mon enthousiasme.
Je continuais à lire sans jamais envisager d’abandonner, mais il me manquait ce petit quelque chose qui vous fait dire : « Allez, encore un chapitre ! »

Il aura fallu attendre pratiquement la moitié du roman pour que je commence réellement à m’enfermer dans ses pages.
Alors, suis-je devenu trop exigeant ?

C’est possible.

À force de lire des thrillers, on finit par reconnaître certains mécanismes. On anticipe, on compare, on attend toujours davantage.
Et parfois, on devient un lecteur particulièrement difficile à satisfaire.
Mais peut-être fallait-il justement cette lenteur pour s’imprégner de l’ambiance et apprendre à connaître tout ce petit monde ?

Des graffitis, des meurtres… mais j’en voulais davantage !

Quand on me parle de thriller, de Bruxelles et de graffitis, deux noms me viennent immédiatement à l’esprit : Paul Colize (avec toute la violence des hommes chez HC edition-livre de poche) et Clarence Pitz (avec Ineffaçable chez IFS – livre de poche)

Autant dire que la barre est haute !

Alors oui, comparer les auteurs n’est pas forcément la meilleure chose à faire. Chaque écrivain possède son univers, sa manière de construire une intrigue et son propre rythme.
Mais difficile de s’en empêcher !

Et c’est probablement là que se situe ma principale frustration avec ce roman.

Brick tendit la main pour serrer celles des deux personnes. L’homme pinça les lèvres, esquissant un léger sourire, tandis que la femme évitait son regard. Ils avaient l’air stressés.

Graffitis funèbres – Wouter Dehairs – ONLIT Noir

Je voulais davantage de graffitis. Et surtout, davantage de meurtres annoncés !

Oui, je sais. Dit comme ça, c’est légèrement inquiétant.
Mais lorsqu’on nous présente un tueur qui annonce ses crimes sur les murs de Bruxelles, on s’attend forcément à voir ce procédé prendre une place importante dans le récit.

Or, devoir attendre près de 100 pages pour découvrir une deuxième annonce de meurtre m’a semblé terriblement long.
J’aurais aimé que ces fresques deviennent une véritable obsession. Qu’elles rythment davantage l’histoire. Qu’à chaque nouvelle apparition, la tension grimpe d’un cran.

Je voulais ressentir cette urgence, cette peur de découvrir un nouveau dessin, cette course contre la montre pour empêcher le prochain crime.

C’est ce qui m’a manqué.
Pas nécessairement plus de violence, mais davantage de tension autour de cette idée pourtant excellente.

Heureusement, il y a Keller, Gwen et Alexandra !

Parce que s’il y a bien une chose que Wouter Dehairs réussit particulièrement bien, ce sont ses personnages.
Et là, je dois reconnaître que je me suis régalé !

Commençons par Keller Brik. Un véritable pitbull !

Un homme au caractère bien trempé, qui ne mâche pas ses mots et qui n’a pas spécialement envie de plaire à tout le monde.
Il fonce, il grogne, il dérange, il n’écoute pas…j’adore!

Bref, le genre de personnage qu’on apprécie dans un thriller.

Mais ce qui m’a particulièrement plu, ce sont les personnages féminins qui gravitent autour de lui.

Gwen, d’abord.
Son assistante, avec son caractère bien affirmé, est tout simplement savoureuse. Elle ne se laisse pas marcher sur les pieds et apporte une dynamique particulièrement agréable au récit.

Et puis il y a Alexandra.
L’ex qui, visiblement, n’a pas vraiment envie de devenir une ex !
Là aussi, quel personnage !

Je ne saurais pas vraiment expliquer pourquoi, mais ces deux femmes m’ont particulièrement marqué.
Elles sont différentes, elles possèdent chacune leur personnalité, mais elles apportent énormément à l’univers de Keller Brik.

Et leur relation avec ce détective au tempérament explosif fonctionne à merveille.

Franchement, qu’est-ce que je les apprécie !
Ce sont ces personnages qui donnent envie de poursuivre l’aventure, au-delà même de l’enquête.

J’espère sincèrement les retrouver dans d’autres romans.

Parce que, parfois, ce n’est pas seulement pour découvrir qui est le meurtrier qu’on ouvre un thriller. C’est aussi pour retrouver des personnages auxquels on s’est attaché.

Comme quoi, parfois, un thriller ne se juge pas au nombre de morts… mais à tout ce qu’il nous révèle une fois la dernière page tournée.

Et finalement, tout finit par s’imbriquer…

Tous s’imbrique !

Je dois reconnaître une chose : j’ai bien fait de poursuivre ma lecture.
Parce que cette première partie, que je trouvais parfois trop longue, finit par prendre tout son sens.

Les éléments se rejoignent, les personnages prennent de l’épaisseur et ce qui semblait secondaire trouve progressivement sa place dans l’ensemble.

Tout ce temps consacré à construire l’univers n’était donc pas inutile.

Simplement, j’aurais aimé que Wouter Dehairs parvienne à maintenir davantage de tension pendant cette installation.
Et puis, je me suis dit qu’un roman publié sous l’impulsion de Patrick Delperdange devait bien avoir quelque chose à raconter !

J’ai donc continué.

Et j’ai bien fait.

Une conclusion qui change la donne !

Et puis, il y a cette conclusion… Et là, je dois bien reconnaître que Wouter Dehairs m’a particulièrement plu !

Évidemment, je ne vais rien vous raconter. Ce serait quand même dommage de vous gâcher le plaisir !
Mais ce que j’ai particulièrement apprécié, c’est la manière dont la fin nous pousse à mieux comprendre Keller Brik, sa personnalité, ses failles et toute sa complexité.

On réalise alors que certains éléments, auxquels on n’avait peut-être pas accordé suffisamment d’importance, prennent une tout autre dimension.

Et finalement, cette lenteur que je reprochais au roman ? Elle trouve aussi une partie de sa justification dans cette conclusion.
Parce que ce thriller possède bien plus de rouages qu’il n’y paraît !

Derrière une enquête qui semble, au départ, assez classique, Wouter Dehairs a construit quelque chose de plus complexe, de plus subtil aussi.
Et c’est peut-être là sa plus belle réussite : nous faire comprendre que l’histoire ne se résume pas à un tueur, quelques graffitis et des cadavres.

Il fallait simplement laisser le temps à toutes les pièces du puzzle de trouver leur place.

En bref : ce qu’il reste dans le cornet

Un thriller belge au démarrage parfois trop lent, mais porté par des personnages attachants et une intrigue bien plus complexe qu’il n’y paraît. 
Pas un coup de cœur, mais une belle découverte dont la conclusion donne tout son sens aux pièces du puzzle !

Alors, coup de cœur ou pas ?

Non, ce n’est pas un coup de cœur. Et je préfère le dire plutôt que de faire semblant. Mais ce titre de coup de coeur est bien trop personnelle et ne reflète pas une généralité !

J’ai trouvé le démarrage de l’intrigue trop lent après une ouverture pourtant très prometteuse. J’aurais aimé davantage de fresques, davantage d’annonces macabres et surtout une tension plus constante.

Mais cela ne fait absolument pas de ce livre un mauvais thriller.
Bien au contraire !
Wouter Dehairs possède un véritable talent pour donner vie à ses personnages, installer une ambiance et construire une intrigue dont les différentes pièces finissent par s’assembler.

C’est surtout une excellente découverte ! et j’ai hâte de revoir et pourquoi pas, rencontrer Wouter Dehairs.
La traduction de Fabrice Claes rend l’ensemble particulièrement agréable à lire …on ne parle pas assez de leur boulot. Sans lui, pas de découverte, pas de plaisir et pas de publication….

Et surtout, je termine cette découverte avec une envie : retrouver Keller Brik, Gwen et Alexandra !
C’est plutôt bon signe, non ?

Mais bon sang, Keller, tu ne piges pas que je ne veux pas penser à ça ? Tu ne piges pas que cet endroit, cet hôtel à la con, c’est une bulle d’air pour moi ? Je vais bientôt devoir retourner dans cette vie tellement brisée que je ne sais même pas si je pourrai en recoller les morceaux.

Graffitis funèbres – Wouter Dehairs – ONLIT Noir

Je suis heureux d’avoir découvert cet auteur et encore plus heureux de voir qu’une maison d’édition permet à des lecteurs francophones de rencontrer un talent belge néerlandophone.
Parce qu’au fond, peu importe que l’on écrive en français, en néerlandais ou en allemand.

Un bon auteur belge reste un auteur belge. Et ça, ça mérite qu’on en parle !

Alors oui, malgré mes réserves, je vous recommande chaudement cette lecture.
Et moi, je vais garder un œil sur Wouter Dehairs.

Enfin, sur ses livres…Parce qu’avec toutes ces histoires de graffitis annonçant des meurtres, je préfère éviter de retrouver mon portrait sur un mur de Bruxelles !

Lisez du Belge, bordel ! C’est bon pour la santé !

Intrigue
🍟🍟🍟🍟🍟
4/5
Personnages
🍟🍟🍟🍟🍟
5/5
Écriture
🍟🍟🍟🍟🍟
4/5
Émotion
🍟🍟🍟🍟🍟
4/5
Addiction
🍟🍟🍟🍟🍟
4/5
21frites sur 25

N’y voyez rien de mauvais, c’est juste super !

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