Entre les lignes

Lisez-vous le Belge ? 2026 : mes choix… et quelques interrogations

Cette année encore, Lisez-vous le Belge ? remontre le bout de son nez.

Pendant tout le mois de novembre, la littérature belge francophone va tenter de se faire une place supplémentaire sur nos tables de chevet, dans nos librairies et, forcément, sur les réseaux sociaux.
Une campagne que je suis depuis plusieurs années et à laquelle je participe toujours avec le même plaisir.

Avant toute chose, un merci s’impose. Au fil des années, de nombreuses maisons d’édition m’ont accordé leur confiance, parfois bien au-delà de cette seule opération. Si certaines passent par ici : merci mille fois.

Mais cette édition 2026 m’a aussi laissé avec quelques interrogations.

Un catalogue qui m’a semblé plus timide

Comme chaque année, j’ai reçu le catalogue proposé par Pilen, qui rassemble les services de presse mis à disposition des blogueurs, Bookstagrammeurs, Booktokeurs et autres créateurs participant à l’opération.

Et ma première réaction a été assez immédiate :

Tiens… il me semble moins fourni que les autres années.

Une impression, évidemment. Mais suffisamment forte pour que je retourne parcourir le catalogue une deuxième fois.

Plusieurs éditeurs que je m’attendais à y retrouver semblaient absents ou moins présents. Et ce n’est pas tellement parce que je voulais absolument recevoir leurs livres. Un service de presse n’est pas un dû.

Ce qui m’interroge davantage, c’est ce que cela pourrait raconter de la campagne.

Car Lisez-vous le Belge ? a, à mes yeux, une formidable raison d’être : donner envie de découvrir les auteurs, autrices et maisons d’édition belges francophones. Les connus, bien sûr, mais aussi ceux qui disposent de beaucoup moins de visibilité.

Et pour que cela fonctionne, il faut que tout le monde joue le jeu.

Les éditeurs, en proposant leurs ouvrages. Les créateurs de contenu, en ne considérant pas les services de presse comme de simples livres gratuits.

Car derrière chaque exemplaire envoyé existe, sinon un contrat écrit, au moins une forme de contrat moral : celui de lire, de parler, de partager et de mettre en valeur les ouvrages que l’on a choisi de recevoir.

Alors, cette impression d’un catalogue plus léger est-elle simplement liée à mes attentes ? À une édition particulière ? Ou traduit-elle une évolution plus profonde de la campagne ?

Je n’ai pas la réponse. Mais la question mérite, à mon sens, d’être posée.

Trois livres… enfin, presque

Depuis que je participe à l’opération, j’aime me fixer une petite règle.

Je sélectionne généralement :

  • un livre jeunesse ;
  • un roman adulte ;
  • une bande dessinée.

L’objectif n’est pas de remplir ma bibliothèque, elle n’a franchement plus besoin de mon aide, mais de profiter de la campagne pour explorer plusieurs facettes de l’édition belge.
(NLDR : D’ailleurs, ça me fait penser que je dois créer une section « Menu pour enfant » sur ce site !)

Et, autant que possible, j’essaie aussi d’aller voir du côté de maisons que je connais moins.
Cette année, le plan était donc parfaitement établi, évidemment, le plan n’a pas tenu très longtemps.

Le Train fantôme… parti comme un fantôme

Pour la jeunesse, mon choix s’était porté sur Le Train fantôme, de Charlotte Bellière, publié chez Alice Jeunesse.
Enfin… « mon choix ».

À peine avais-je eu le temps de m’y intéresser que les services de presse disponibles avaient disparu, en quelques heures.

Je l’avoue : cela m’a laissé perplexe. Tant mieux si le livre suscite autant d’intérêt, évidemment. Mais cette disparition express pose aussi une question sur le fonctionnement du dispositif et la répartition des exemplaires disponibles.
Toujours est-il que, cette année, mon choix jeunesse s’arrêtera là, enfin… officiellement.
Parce que j’ai tout de même une petite idée pour faire entrer la littérature jeunesse dans mon mois de novembre. Mais nous en reparlerons.

Bruno Dinant pour le roman adulte

Pour mon premier roman, direction les éditions F. Deville, avec le prochain livre de Bruno Dinant.

Son quatrième ouvrage porte un titre qui annonce déjà la couleur :

Dis-moi qui te hante, je te dirai qui tuer.

Le roman est encore à venir, mais il fait partie de ces propositions qui ont immédiatement attiré mon attention. Son sujet semble vouloir aller chercher quelque chose de plus intime derrière les mécanismes du récit, et c’est précisément ce que j’espère y trouver.
Un livre capable de jouer avec les codes tout en allant toucher le lecteur un peu plus profondément.

Rendez-vous après lecture pour savoir si la promesse est tenue.

La Première Guerre mondiale racontée en BD

Pour la bande dessinée, j’ai choisi de prendre un chemin très différent.

Direction l’Histoire avec La Première Guerre mondiale en BD, publiée chez Le Lombard.

Ce choix n’est pas anodin.
La bande dessinée possède cette capacité assez extraordinaire à rendre accessibles des sujets complexes sans nécessairement les simplifier à outrance. Et lorsqu’il s’agit de transmettre l’Histoire, notamment aux plus jeunes, l’image peut devenir un formidable point d’entrée.

Mon objectif avec cette lecture sera donc différent d’une chronique traditionnelle : utiliser l’ouvrage pour raconter, transmettre et sensibiliser.
Parce que parler de livres, c’est aussi parfois parler de ce qu’ils nous permettent de comprendre du monde.

Et finalement… 4H

Il me restait donc une place.

J’aurais pu chercher coûte que coûte un autre ouvrage jeunesse dans le catalogue. Mais avec les salons qui arrivent et les demandes de chroniques des maisons d’édition qui vont forcément s’accumuler, j’ai préféré ne pas sélectionner un livre simplement pour compléter une case.

Un service de presse choisi doit être un livre que j’ai réellement envie de lire et de défendre, alors j’ai changé mes plans.

Mon dernier choix sera 4H, publié chez Être vu pour être lu Édition.

Pourquoi celui-là ?
Parce que Marianne, l’éditrice, m’en a parlé. Parce que je connais déjà son travail. Et surtout parce qu’il s’agit cette fois d’aller sur un terrain que j’attendais particulièrement chez cette maison : le thriller.

Ce sera le premier véritable thriller que j’y lirai.
Et lorsqu’une éditrice passionnée vous parle avec enthousiasme d’un livre qu’elle a décidé de publier, il arrive un moment où il faut simplement lui faire confiance.

C’est ce que je vais faire, avec, forcément, pas mal d’attentes.

Une campagne plus discrète, mais toujours nécessaire

Vous l’aurez compris : cette édition de Lisez-vous le Belge ? me laisse une impression un peu différente.

Je la trouve plus timide.

Peut-être est-ce uniquement une impression liée au catalogue de cette année. Peut-être certaines maisons ont-elles choisi d’autres manières de participer. Peut-être aussi faudrait-il s’interroger sur la façon dont les services de presse sont distribués et, surtout, sur ce qu’ils deviennent une fois envoyés.

Car l’enjeu dépasse largement le simple fait de recevoir des livres.

Un service de presse qui reste sur une pile ne sert personne : Ni l’auteur, ni l’éditeur, ni la campagne.
Et certainement pas les lecteurs.

Lisez-vous le Belge ? doit rester une invitation à découvrir la richesse de l’édition belge francophone. Une occasion de sortir des noms que nous connaissons déjà, de pousser la porte de petites maisons, de découvrir de nouvelles voix et, surtout, de leur donner de la visibilité.

Alors oui, je trouve la campagne un peu plus discrète cette année. Mais comptez sur moi pour faire du bruit.

Et comme disait l’autre :

Lisez du Belge, bordel ! C’est bon pour la ….santé !

Notez ce post

Un commentaire

Laisser un commentaire

En savoir plus sur le Belge qui lit

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture