{"id":1476,"date":"2026-02-19T07:00:39","date_gmt":"2026-02-19T06:00:39","guid":{"rendered":"https:\/\/lebelgequilit.com\/?p=1476"},"modified":"2026-02-19T07:05:45","modified_gmt":"2026-02-19T06:05:45","slug":"cavillore-jeremie-claes-parle-dun-silence-plus-lourd-que-la-pierre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lebelgequilit.com\/index.php\/2026\/02\/19\/cavillore-jeremie-claes-parle-dun-silence-plus-lourd-que-la-pierre\/","title":{"rendered":"Cavillore : J\u00e9r\u00e9mie Claes parle d&rsquo;un silence plus lourd que la pierre"},"content":{"rendered":"\n<p>Il y a des villages qu\u2019on traverse.<br>Et puis il y a ceux qui vous traversent.<\/p>\n\n\n\n<p>Gourdon fait partie de la seconde cat\u00e9gorie. Un nid d\u2019aigle accroch\u00e9 au vide, dans l\u2019arri\u00e8re-pays ni\u00e7ois. Une carte postale pour touristes distraits. Mais derri\u00e8re la lumi\u00e8re dor\u00e9e, derri\u00e8re les fa\u00e7ades chaudes et les volets clos \u00e0 l\u2019heure du cagnard, il y a autre chose. <br>Quelque chose de plus ancien. De plus dense. De plus min\u00e9ral.<\/p>\n\n\n\n<p>Au-dessus de tout, il y a Cavillore. <br>C&rsquo;est le titre du roman, un plateau mis \u00e0 l&rsquo;honneur aussi Brut que magnifique o\u00f9 la beaut\u00e9 se m\u00e9lange aux choses terribles.<br><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"1000\" height=\"1000\" src=\"https:\/\/lebelgequilit.com\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/image-13.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-1486\" style=\"width:441px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/lebelgequilit.com\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/image-13.png 1000w, https:\/\/lebelgequilit.com\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/image-13-300x300.png 300w, https:\/\/lebelgequilit.com\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/image-13-150x150.png 150w, https:\/\/lebelgequilit.com\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/image-13-768x768.png 768w\" sizes=\"(max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>La montagne ne domine pas simplement le village, elle l\u2019impr\u00e8gne. Elle le fa\u00e7onne. Elle l\u2019\u00e9crase parfois. On sent que rien ne peut lui \u00e9chapper. Ni les jeux d\u2019enfants. Ni les amours adolescentes. Ni les ranc\u0153urs. Ni les morts.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote\"><blockquote><p>Les sentiers et les torrents, moi, j&rsquo;ai trop peur de les laisser partir. J&rsquo;ai besoin des marches des maisons pour y poser mes fesses, des persiennes ferm\u00e9es en plein midi, du parapet qui ceint le village, besoin des odeurs de lavande, du go\u00fbt du pissala et du miel, du vin de noix de Saint-Jean. Sans tout \u00e7a, je m&rsquo;\u00e9parpille.<\/p><cite>Cavillore &#8211; Jeremie Claes &#8211; Edition Heloise d&rsquo;Horemesson<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n<p>Lorsque le corps d\u2019une jeune inconnue est d\u00e9pos\u00e9 \u00e0 l\u2019aube devant l\u2019auberge, la fissure appara\u00eet. Elle ne crie pas, elle ne s\u2019enflamme pas. Elle s\u2019installe. Dans les regards. Dans les silences. Dans les demi-phrases. On ne sait pas qui est la morte, mais on croit d\u00e9j\u00e0 savoir qui l\u2019a tu\u00e9e. Parce qu\u2019\u00e0 Gourdon, on n\u2019aime pas ce qui vient d\u2019ailleurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Les Camillieri, les \u201cestrangers\u201d, deviennent imm\u00e9diatement suspects. <br>Trop discrets. Trop diff\u00e9rents. Trop soud\u00e9s. Ariane, la m\u00e8re, avance avec la d\u00e9termination farouche de celles qui savent que le monde peut \u00eatre injuste. Elle prot\u00e8ge. Elle encaisse. Elle observe. Autour d\u2019elle gravitent des personnages d\u2019une densit\u00e9 rare : R\u00e9mi, violence contenue et humiliations accumul\u00e9es ; Rapha\u00ebl, fragile, tendre, trop doux pour certains ; L\u00e9once et ses savons, m\u00e9moire vivante du village ; Justin le garde-chasse, silhouette taiseuse qui arpente la montagne comme un confident silencieux.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"958\" src=\"https:\/\/lebelgequilit.com\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/image-10-1024x958.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-1483\" style=\"aspect-ratio:1.0688961381438868;width:519px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/lebelgequilit.com\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/image-10-1024x958.png 1024w, https:\/\/lebelgequilit.com\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/image-10-300x281.png 300w, https:\/\/lebelgequilit.com\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/image-10-768x719.png 768w, https:\/\/lebelgequilit.com\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/image-10.png 1200w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Et puis Nico revient apr\u00e8s quelques ann\u00e9es.<br>Il revient au village comme on revient \u00e0 une cicatrice. Trente ans plus t\u00f4t, d\u2019autres crimes ont marqu\u00e9 les lieux. Jamais \u00e9lucid\u00e9s. Jamais dig\u00e9r\u00e9s. Le pass\u00e9 ne passe pas ici. Il s\u00e9dimente. Il s\u2019enfouit. Il attend.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce qui frappe dans ce roman, c\u2019est cette sensation d\u2019\u00e9paisseur. Rien n\u2019est d\u00e9coratif. La nature n\u2019est pas une toile de fond, elle respire avec les personnages. Elle \u00e9claire et elle assombrit. Elle apaise et elle menace. On entend presque les grillons au d\u00e9but, puis un orage gronde, lointain. On sait qu\u2019il \u00e9clatera.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote\"><blockquote><p>Il ira chasser. Sans r\u00e9pit. Puissant et destructeur.<br>Craquer les os. Craquer la honte. cogner la peur.<br>Hurler aux limbes comme les loups. Vaincre peut-\u00eatre.<br>Suivre sa proie, la traquer, par les collines, aux lieux-dits.<br>Ne plus souffrir. An\u00e9antir.<br>Alimenter son chantier.<\/p><cite>Cavillore &#8211; Jeremie Claes &#8211; Edition Heloise d&rsquo;Horemesson<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n<p>La plume de J\u00e9r\u00e9mie Claes est d\u2019une ma\u00eetrise impressionnante. Elle est lumineuse quand elle d\u00e9crit les collines, les senteurs de thym, le miel et le vin Elle devient soudain tranchante quand la violence affleure. Il y a dans son \u00e9criture quelque chose d\u2019organique. Cela sent la terre, la sueur, l\u2019attachement visc\u00e9ral aux lieux et aux \u00eatres.<br>Et pourtant, la plume de J\u00e9r\u00e9mie Claes est douce pour raconter cet environnement brut.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u00e0 o\u00f9 la roche est rude, il pose des phrases lumineuses. L\u00e0 o\u00f9 la montagne impressionne, il installe de la tendresse. Il ne d\u00e9crit pas la Provence : il l\u2019habite. Il ne met pas en sc\u00e8ne le village : il le conna\u00eet.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img decoding=\"async\" width=\"640\" height=\"640\" src=\"https:\/\/lebelgequilit.com\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/image-9.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-1482\" style=\"width:484px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/lebelgequilit.com\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/image-9.png 640w, https:\/\/lebelgequilit.com\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/image-9-300x300.png 300w, https:\/\/lebelgequilit.com\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/image-9-150x150.png 150w\" sizes=\"(max-width: 640px) 100vw, 640px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Il aime cette r\u00e9gion. \u00c7a se sent. Dans les odeurs, dans les silences, dans les d\u00e9tails justes.<br><br>Peut-on vraiment parler de ce roman sans \u00e9voquer les animaux ?<br>Les loups. Les vautours&#8230;<br>Ils observent. Ils r\u00f4dent. Ils planent au-dessus des hommes comme une conscience sauvage. \u00c0 travers eux, la montagne prend chair. Elle devient regard. Elle devient m\u00e9moire. Elle vous surveille, silencieuse, et ne vous oublie jamais.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s le premier chapitre, cette personnification s\u2019impose avec force. Monde sauvage et monde civilis\u00e9 se fr\u00f4lent, se confondent presque \u2014 incarn\u00e9s dans une figure simple et troublante : le chien. \u00c0 la fois domestique et instinctif, familier et indomptable, il symbolise cette fronti\u00e8re poreuse entre l\u2019homme et la nature.<\/p>\n\n\n\n<p>En quelques pages \u00e0 peine, J\u00e9r\u00e9mie Claes installe tout : l\u2019atmosph\u00e8re, la tension, la profondeur symbolique.<br>Le talent, lui, ne tarde pas \u00e0 mordre.<br><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" src=\"https:\/\/lebelgequilit.com\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/image-12-1024x683.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-1485\" style=\"aspect-ratio:1.4993013124366386;width:590px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/lebelgequilit.com\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/image-12-1024x683.png 1024w, https:\/\/lebelgequilit.com\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/image-12-300x200.png 300w, https:\/\/lebelgequilit.com\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/image-12-768x512.png 768w, https:\/\/lebelgequilit.com\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/image-12-1536x1024.png 1536w, https:\/\/lebelgequilit.com\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/image-12-1320x880.png 1320w, https:\/\/lebelgequilit.com\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/image-12.png 2048w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><br><\/p>\n\n\n\n<p>Et je d\u00e9fie quiconque d\u2019\u00e9crire un territoire avec une telle pr\u00e9cision sans l\u2019aimer profond\u00e9ment. On peut documenter un lieu. Mais on ne peut pas feindre l\u2019attachement.<br>Dans ce roman, la montagne n\u2019est pas un d\u00e9cor.<br>C\u2019est une d\u00e9claration d\u2019amour \u00e9crite \u00e0 m\u00eame la pierre.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote\"><blockquote><p>\u00ab&nbsp;&#8211; c\u2019est Cavillore qui t\u2019accueillera, maman, pas moi.&nbsp;\u00bb<br>Ni Arianne ni Jonas ne peuvent imaginer \u00e0 quel point ses paroles sont pr\u00e9monitoires.<\/p><cite>Cavillore &#8211; Jeremie Claes &#8211; Edition Heloise d&rsquo;Horemesson<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n<p>On pense \u00e0 Marcel Pagnol forc\u00e9ment, dans cette mani\u00e8re d\u2019habiter la Provence. Mais ici, la lumi\u00e8re est pi\u00e9g\u00e9e par une tension noire, sourde, qui ne rel\u00e2che jamais vraiment son \u00e9treinte. Les fausses pistes se multiplient, les certitudes vacillent. <br>Personne n\u2019est totalement innocent. Personne n\u2019est totalement coupable. C\u2019est peut-\u00eatre cela, le plus troublant.<\/p>\n\n\n\n<p>Et lorsque la v\u00e9rit\u00e9 surgit, elle n\u2019a rien d\u2019un soulagement propre et net. Elle \u00e9clate comme un orage d\u2019\u00e9t\u00e9. Elle mouille tout. Elle laisse derri\u00e8re elle une odeur de pierre mouill\u00e9e et de secrets \u00e9ventr\u00e9s.<br><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"640\" height=\"480\" src=\"https:\/\/lebelgequilit.com\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/image-11.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-1484\" srcset=\"https:\/\/lebelgequilit.com\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/image-11.png 640w, https:\/\/lebelgequilit.com\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/image-11-300x225.png 300w\" sizes=\"(max-width: 640px) 100vw, 640px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><br>Et n\u2019oublions pas ces interstices.<br>Ces courts paragraphes qui semblent vous \u00e9pier, qui vous fixent \u00e0 travers la pierre et les buissons, comme une b\u00eate tapie dans l\u2019ombre. Ils insufflent au roman une dimension sauvage, presque animale , une tension discr\u00e8te, mais terriblement mordante.<\/p>\n\n\n\n<p>En refermant Cavillore, j&rsquo;ai l\u2019impression d\u2019avoir quitt\u00e9 un endroit vivant. D\u2019avoir fr\u00e9quent\u00e9 ces ruelles, senti ces odeurs, crois\u00e9 ces regards, parcourus ces chemins. <br>La meilleur id\u00e9e, peut-\u00eatre est d&rsquo;utiliser une carte pour s&rsquo;immerger dans les lieux.<br>On quitte la montagne avec une forme de nostalgie \u00e9trange, comme si elle nous avait adopt\u00e9s, le temps d\u2019une lecture, mais on aimerait tellement y retourner avec J\u00e9r\u00e9mie. Pour qu&rsquo;il nous parle de cette r\u00e9gion, de ces pierres et de ce trous, que l&rsquo;on croit d\u00e9j\u00e0 presque conna\u00eetre !<\/p>\n\n\n\n<p>Et moi, habitu\u00e9 \u00e0 ma Belgique et ses plaines, ses paysages industrielles ou ces Ardennes bois\u00e9es , je dois l\u2019avouer : cette Provence rugueuse m\u2019a happ\u00e9. Ce roman noir, \u00e0 la fois rural et profond\u00e9ment humain, m\u2019a rappel\u00e9 pourquoi j\u2019aime tant lire. Pour me perdre ailleurs. Pour sentir. Pour vibrer. Pour \u00eatre secou\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Cavillore n\u2019est pas seulement un roman noir.<br>C\u2019est une immersion.<br>Une montagne.<br>Et parfois, les montagnes laissent des traces bien plus profondes que les livres ordinaires.<\/p>\n\n\n\n<p>Lisez du Belge, bordel. Parce que c&rsquo;est le meilleur moyen de partir en restant chez vous !<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-buttons is-layout-flex wp-block-buttons-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-button\"><a class=\"wp-block-button__link has-white-color has-luminous-vivid-amber-to-luminous-vivid-orange-gradient-background has-text-color has-background has-link-color wp-element-button\" href=\"https:\/\/www.amazon.fr\/Cavillore-J\u00e9r\u00e9mie-Claes\/dp\/2487819693\/ref=tmm_pap_swatch_0?_encoding=UTF8&amp;dib_tag=se&amp;dib=eyJ2IjoiMSJ9.iEi3d8Qln6S-Ek0pY5CDuA.vfHJt1Okns7no45gYSvOA24DN9b5nD4Q2NPcCbl37Lg&amp;qid=1771440971&amp;sr=8-1\">Acheter le roman sur Amazon.fr<\/a><\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-buttons is-layout-flex wp-block-buttons-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-button is-style-fill\"><a class=\"wp-block-button__link has-white-color has-luminous-vivid-amber-to-luminous-vivid-orange-gradient-background has-text-color has-background has-link-color wp-element-button\" href=\"https:\/\/lalibrairienoire.com\/jeremie-claes\/5987-cavillore-9782487819696.html\">Acheter sur la librairie noire<\/a><\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"kk-star-ratings kksr-auto kksr-align-left kksr-valign-bottom\"\n    data-payload='{&quot;align&quot;:&quot;left&quot;,&quot;id&quot;:&quot;1476&quot;,&quot;slug&quot;:&quot;default&quot;,&quot;valign&quot;:&quot;bottom&quot;,&quot;ignore&quot;:&quot;&quot;,&quot;reference&quot;:&quot;auto&quot;,&quot;class&quot;:&quot;&quot;,&quot;count&quot;:&quot;0&quot;,&quot;legendonly&quot;:&quot;&quot;,&quot;readonly&quot;:&quot;&quot;,&quot;score&quot;:&quot;0&quot;,&quot;starsonly&quot;:&quot;&quot;,&quot;best&quot;:&quot;5&quot;,&quot;gap&quot;:&quot;5&quot;,&quot;greet&quot;:&quot;Notez ce post&quot;,&quot;legend&quot;:&quot;0\\\/5&quot;,&quot;size&quot;:&quot;24&quot;,&quot;title&quot;:&quot;Cavillore : J\u00e9r\u00e9mie Claes parle d\\u0026#039;un silence plus lourd que la pierre&quot;,&quot;width&quot;:&quot;0&quot;,&quot;_legend&quot;:&quot;{score}\\\/{best}&quot;,&quot;font_factor&quot;:&quot;1.25&quot;}'>\n            \n<div class=\"kksr-stars\">\n    \n<div class=\"kksr-stars-inactive\">\n            <div class=\"kksr-star\" data-star=\"1\" style=\"padding-right: 5px\">\n            \n\n<div class=\"kksr-icon\" style=\"width: 24px; height: 24px;\"><\/div>\n        <\/div>\n            <div class=\"kksr-star\" data-star=\"2\" style=\"padding-right: 5px\">\n            \n\n<div class=\"kksr-icon\" style=\"width: 24px; height: 24px;\"><\/div>\n        <\/div>\n            <div class=\"kksr-star\" data-star=\"3\" style=\"padding-right: 5px\">\n            \n\n<div class=\"kksr-icon\" style=\"width: 24px; height: 24px;\"><\/div>\n        <\/div>\n            <div class=\"kksr-star\" data-star=\"4\" style=\"padding-right: 5px\">\n            \n\n<div class=\"kksr-icon\" style=\"width: 24px; height: 24px;\"><\/div>\n        <\/div>\n            <div class=\"kksr-star\" data-star=\"5\" style=\"padding-right: 5px\">\n            \n\n<div class=\"kksr-icon\" style=\"width: 24px; height: 24px;\"><\/div>\n        <\/div>\n    <\/div>\n    \n<div class=\"kksr-stars-active\" style=\"width: 0px;\">\n            <div class=\"kksr-star\" style=\"padding-right: 5px\">\n            \n\n<div class=\"kksr-icon\" style=\"width: 24px; height: 24px;\"><\/div>\n        <\/div>\n            <div class=\"kksr-star\" style=\"padding-right: 5px\">\n            \n\n<div class=\"kksr-icon\" style=\"width: 24px; height: 24px;\"><\/div>\n        <\/div>\n            <div class=\"kksr-star\" style=\"padding-right: 5px\">\n            \n\n<div class=\"kksr-icon\" style=\"width: 24px; height: 24px;\"><\/div>\n        <\/div>\n            <div class=\"kksr-star\" style=\"padding-right: 5px\">\n            \n\n<div class=\"kksr-icon\" style=\"width: 24px; height: 24px;\"><\/div>\n        <\/div>\n            <div class=\"kksr-star\" style=\"padding-right: 5px\">\n            \n\n<div class=\"kksr-icon\" style=\"width: 24px; height: 24px;\"><\/div>\n        <\/div>\n    <\/div>\n<\/div>\n                \n\n<div class=\"kksr-legend\" style=\"font-size: 19.2px;\">\n            <span class=\"kksr-muted\">Notez ce post<\/span>\n    <\/div>\n    <\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il y a des villages qu\u2019on traverse.Et puis il y a ceux qui vous traversent. Gourdon fait partie de la seconde cat\u00e9gorie. Un nid d\u2019aigle accroch\u00e9 au vide, dans l\u2019arri\u00e8re-pays ni\u00e7ois. Une carte postale pour touristes distraits. Mais derri\u00e8re la lumi\u00e8re dor\u00e9e, derri\u00e8re les fa\u00e7ades chaudes et les volets clos \u00e0 l\u2019heure du cagnard, il y a autre chose. Quelque chose de plus ancien. De plus dense. De plus min\u00e9ral. Au-dessus de tout, il y a Cavillore. C&rsquo;est le titre du roman, un plateau mis \u00e0 l&rsquo;honneur aussi Brut que magnifique o\u00f9 la beaut\u00e9 se m\u00e9lange aux choses terribles. La montagne ne domine pas simplement le village, elle l\u2019impr\u00e8gne. Elle le fa\u00e7onne. Elle l\u2019\u00e9crase parfois. On sent que rien ne peut lui \u00e9chapper. Ni les jeux d\u2019enfants. Ni les amours adolescentes. Ni les ranc\u0153urs. Ni les morts. Les sentiers et les torrents, moi, j&rsquo;ai trop peur de les laisser partir. J&rsquo;ai besoin des marches des maisons pour y poser mes fesses, des persiennes ferm\u00e9es en plein midi, du parapet qui ceint le village, besoin des odeurs de lavande, du go\u00fbt du pissala et du miel, du vin de noix de Saint-Jean. Sans tout \u00e7a, je m&rsquo;\u00e9parpille. Cavillore &#8211; Jeremie Claes &#8211; Edition Heloise d&rsquo;Horemesson Lorsque le corps d\u2019une jeune inconnue est d\u00e9pos\u00e9 \u00e0 l\u2019aube devant l\u2019auberge, la fissure appara\u00eet. Elle ne crie pas, elle ne s\u2019enflamme pas. Elle s\u2019installe. Dans les regards. Dans les silences. Dans les demi-phrases. On ne sait pas qui est la morte, mais on croit d\u00e9j\u00e0 savoir qui l\u2019a tu\u00e9e. Parce qu\u2019\u00e0 Gourdon, on n\u2019aime pas ce qui vient d\u2019ailleurs. Les Camillieri, les \u201cestrangers\u201d, deviennent imm\u00e9diatement suspects. Trop discrets. Trop diff\u00e9rents. Trop soud\u00e9s. Ariane, la m\u00e8re, avance avec la d\u00e9termination farouche de celles qui savent que le monde peut \u00eatre injuste. Elle prot\u00e8ge. Elle encaisse. Elle observe. Autour d\u2019elle gravitent des personnages d\u2019une densit\u00e9 rare : R\u00e9mi, violence contenue et humiliations accumul\u00e9es ; Rapha\u00ebl, fragile, tendre, trop doux pour certains ; L\u00e9once et ses savons, m\u00e9moire vivante du village ; Justin le garde-chasse, silhouette taiseuse qui arpente la montagne comme un confident silencieux. Et puis Nico revient apr\u00e8s quelques ann\u00e9es.Il revient au village comme on revient \u00e0 une cicatrice. Trente ans plus t\u00f4t, d\u2019autres crimes ont marqu\u00e9 les lieux. Jamais \u00e9lucid\u00e9s. Jamais dig\u00e9r\u00e9s. Le pass\u00e9 ne passe pas ici. Il s\u00e9dimente. Il s\u2019enfouit. Il attend. Ce qui frappe dans ce roman, c\u2019est cette sensation d\u2019\u00e9paisseur. Rien n\u2019est d\u00e9coratif. La nature n\u2019est pas une toile de fond, elle respire avec les personnages. Elle \u00e9claire et elle assombrit. Elle apaise et elle menace. On entend presque les grillons au d\u00e9but, puis un orage gronde, lointain. On sait qu\u2019il \u00e9clatera. Il ira chasser. Sans r\u00e9pit. Puissant et destructeur.Craquer les os. Craquer la honte. cogner la peur.Hurler aux limbes comme les loups. Vaincre peut-\u00eatre.Suivre sa proie, la traquer, par les collines, aux lieux-dits.Ne plus souffrir. An\u00e9antir.Alimenter son chantier. Cavillore &#8211; Jeremie Claes &#8211; Edition Heloise d&rsquo;Horemesson La plume de J\u00e9r\u00e9mie Claes est d\u2019une ma\u00eetrise impressionnante. Elle est lumineuse quand elle d\u00e9crit les collines, les senteurs de thym, le miel et le vin Elle devient soudain tranchante quand la violence affleure. Il y a dans son \u00e9criture quelque chose d\u2019organique. Cela sent la terre, la sueur, l\u2019attachement visc\u00e9ral aux lieux et aux \u00eatres.Et pourtant, la plume de J\u00e9r\u00e9mie Claes est douce pour raconter cet environnement brut. L\u00e0 o\u00f9 la roche est rude, il pose des phrases lumineuses. L\u00e0 o\u00f9 la montagne impressionne, il installe de la tendresse. Il ne d\u00e9crit pas la Provence : il l\u2019habite. Il ne met pas en sc\u00e8ne le village : il le conna\u00eet. Il aime cette r\u00e9gion. \u00c7a se sent. Dans les odeurs, dans les silences, dans les d\u00e9tails justes. Peut-on vraiment parler de ce roman sans \u00e9voquer les animaux ?Les loups. Les vautours&#8230;Ils observent. Ils r\u00f4dent. Ils planent au-dessus des hommes comme une conscience sauvage. \u00c0 travers eux, la montagne prend chair. Elle devient regard. Elle devient m\u00e9moire. Elle vous surveille, silencieuse, et ne vous oublie jamais. D\u00e8s le premier chapitre, cette personnification s\u2019impose avec force. Monde sauvage et monde civilis\u00e9 se fr\u00f4lent, se confondent presque \u2014 incarn\u00e9s dans une figure simple et troublante : le chien. \u00c0 la fois domestique et instinctif, familier et indomptable, il symbolise cette fronti\u00e8re poreuse entre l\u2019homme et la nature. En quelques pages \u00e0 peine, J\u00e9r\u00e9mie Claes installe tout : l\u2019atmosph\u00e8re, la tension, la profondeur symbolique.Le talent, lui, ne tarde pas \u00e0 mordre. Et je d\u00e9fie quiconque d\u2019\u00e9crire un territoire avec une telle pr\u00e9cision sans l\u2019aimer profond\u00e9ment. On peut documenter un lieu. Mais on ne peut pas feindre l\u2019attachement.Dans ce roman, la montagne n\u2019est pas un d\u00e9cor.C\u2019est une d\u00e9claration d\u2019amour \u00e9crite \u00e0 m\u00eame la pierre. \u00ab&nbsp;&#8211; c\u2019est Cavillore qui t\u2019accueillera, maman, pas moi.&nbsp;\u00bbNi Arianne ni Jonas ne peuvent imaginer \u00e0 quel point ses paroles sont pr\u00e9monitoires. Cavillore &#8211; Jeremie Claes &#8211; Edition Heloise d&rsquo;Horemesson On pense \u00e0 Marcel Pagnol forc\u00e9ment, dans cette mani\u00e8re d\u2019habiter la Provence. Mais ici, la lumi\u00e8re est pi\u00e9g\u00e9e par une tension noire, sourde, qui ne rel\u00e2che jamais vraiment son \u00e9treinte. Les fausses pistes se multiplient, les certitudes vacillent. Personne n\u2019est totalement innocent. Personne n\u2019est totalement coupable. C\u2019est peut-\u00eatre cela, le plus troublant. Et lorsque la v\u00e9rit\u00e9 surgit, elle n\u2019a rien d\u2019un soulagement propre et net. Elle \u00e9clate comme un orage d\u2019\u00e9t\u00e9. Elle mouille tout. Elle laisse derri\u00e8re elle une odeur de pierre mouill\u00e9e et de secrets \u00e9ventr\u00e9s. Et n\u2019oublions pas ces interstices.Ces courts paragraphes qui semblent vous \u00e9pier, qui vous fixent \u00e0 travers la pierre et les buissons, comme une b\u00eate tapie dans l\u2019ombre. Ils insufflent au roman une dimension sauvage, presque animale , une tension discr\u00e8te, mais terriblement mordante. En refermant Cavillore, j&rsquo;ai l\u2019impression d\u2019avoir quitt\u00e9 un endroit vivant. D\u2019avoir fr\u00e9quent\u00e9 ces ruelles, senti ces odeurs, crois\u00e9 ces regards, parcourus ces chemins. La meilleur id\u00e9e, peut-\u00eatre est d&rsquo;utiliser une carte pour s&rsquo;immerger dans les lieux.On quitte la montagne avec une forme de nostalgie \u00e9trange, comme si elle nous avait adopt\u00e9s, le temps d\u2019une lecture, mais on aimerait tellement y retourner avec J\u00e9r\u00e9mie. Pour [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1480,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":true,"template":"","format":"standard","meta":{"om_disable_all_campaigns":false,"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"iawp_total_views":16,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[56,35],"tags":[43,111,69,60],"class_list":["post-1476","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-coup-de-coeur","category-cest-du-belge","tag-cest-du-belge","tag-heloise-dormesson","tag-jeremie-claes","tag-roman-noir"],"aioseo_notices":[],"acf":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/lebelgequilit.com\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Photoroom_20260218_202605.png","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lebelgequilit.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1476","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/lebelgequilit.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lebelgequilit.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lebelgequilit.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lebelgequilit.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1476"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/lebelgequilit.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1476\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1487,"href":"https:\/\/lebelgequilit.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1476\/revisions\/1487"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lebelgequilit.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1480"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lebelgequilit.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1476"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lebelgequilit.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1476"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lebelgequilit.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1476"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}