{"id":1219,"date":"2025-08-19T23:11:51","date_gmt":"2025-08-19T21:11:51","guid":{"rendered":"https:\/\/lebelgequilit.com\/?p=1219"},"modified":"2025-08-19T23:12:40","modified_gmt":"2025-08-19T21:12:40","slug":"les-ombres-du-monde-michel-bussi-ose-le-rwanda-et-cest-captivant","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lebelgequilit.com\/index.php\/2025\/08\/19\/les-ombres-du-monde-michel-bussi-ose-le-rwanda-et-cest-captivant\/","title":{"rendered":"Les Ombres du monde : Michel Bussi ose le Rwanda et c&rsquo;est captivant."},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Et si un roman pouvait \u00e0 la fois vous tenir \u00e9veill\u00e9 parce que vous voulez absolument savoir ce qu\u2019il se passe au chapitre suivant\u2026 et vous emp\u00eacher de dormir parce qu\u2019il vous oblige \u00e0 regarder en face l\u2019un des g\u00e9nocides les plus terribles de l\u2019Histoire ? C\u2019est exactement ce que fait <em>Les Ombres du monde<\/em>, le nouveau livre de Michel Bussi. Et pour moi, qui n\u2019avais jamais ouvert un Bussi de ma vie, je peux dire qu\u2019il a choisi un sacr\u00e9 moment pour faire sa premi\u00e8re impression. C\u2019est un peu comme si on vous invitait \u00e0 un pique-nique et que vous d\u00e9couvriez qu\u2019en fait, vous \u00eates \u00e0 un proc\u00e8s de Nuremberg.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.babelio.com\/users\/AVT_Michel-Bussi_6722.jpg\" alt=\"\" style=\"width:301px;height:auto\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Michel Bussi dans sa splendeur<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Car oui, Michel Bussi n\u2019a pas d\u00e9cid\u00e9 de tresser un simple thriller. Non, il a choisi le Rwanda de 1994. Et l\u00e0, il faut avouer qu\u2019on rigole moins. Mais on lit, et surout&#8230;on apprend. Et si Bussi peut se permettre \u00e7a, c\u2019est qu\u2019avant d\u2019\u00eatre le roi des rebondissements, il a \u00e9t\u00e9 universitaire, g\u00e9ographe, habitu\u00e9 \u00e0 jongler avec des cartes, des archives et des v\u00e9rit\u00e9s. Pas vraiment le CV d\u2019un rigolo\u2026 mais pile celui qu\u2019il fallait pour aborder un sujet aussi lourd sans sombrer dans le roman-dossier ennuyeux<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote\"><blockquote><p>Il faut marcher vers la d\u00e9mocratie avec prudence, comme quand tu t&rsquo;engages dans une escalade dangereuse, en assurant chaque prise.<\/p><cite>Les Ombres du monde &#8211; Michel Bussi &#8211; Presses de la cit\u00e9<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n<p>Petit rappel historique : avril 1994, l\u2019avion du pr\u00e9sident rwandais Habyarimana est abattu. En cent jours, pr\u00e8s d\u2019un million de Tutsi sont massacr\u00e9s. Pas avec des drones ni des armes high-tech. Avec des machettes. Avec des gourdins. Avec des voisins qui tuent leurs voisins. On tuait les femmes, parce qu\u2019elles portaient la vie. On tuait les enfants, parce qu\u2019ils repr\u00e9sentaient l\u2019avenir. On tuait les anciens, parce qu\u2019ils d\u00e9tenaient la m\u00e9moire. Voil\u00e0. \u00c0 ce stade, m\u00eame l\u2019humour belge se tait. Parce que \u00e7a fait froid, tr\u00e8s froid.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.universalis.fr\/typo3temp\/assets\/_processed_\/4\/7\/csm_ph250138_02b3113f83.webp\" alt=\"\" style=\"width:547px;height:auto\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Le Rwanda a pourtant son charme !<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Le roman s\u2019articule autour d\u2019une famille franco-rwandaise : Ma\u00e9, quinze ans, passionn\u00e9e par les gorilles (les vrais, pas ceux qui vous bousculent dans les files du supermarch\u00e9), sa m\u00e8re Aline, qui a quitt\u00e9 le Rwanda enfant et qui a choisi l\u2019amn\u00e9sie plut\u00f4t que le souvenir, et Jorik, le grand-p\u00e8re, ancien militaire fran\u00e7ais, qui conna\u00eet beaucoup plus de choses qu\u2019il n\u2019en dit. Le soir de No\u00ebl, Ma\u00e9 re\u00e7oit trois cadeaux : un magn\u00e9tophone rouge, un carnet, et trois billets pour le Rwanda. Derri\u00e8re ce cadeau en apparence banal se cache un h\u00e9ritage explosif : les chants de son arri\u00e8re-grand-m\u00e8re, le journal intime de sa grand-m\u00e8re Esp\u00e9rance, et une v\u00e9rit\u00e9 familiale qui \u00e9claire un drame collectif.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote\"><blockquote><p>Je suis d\u00e9sol\u00e9e je ne suis pas de ces m\u00e8res qui chroniquent chaque anecdote de la vie de leur enfant. Ce journal n&rsquo;est pas ta biographie, c&rsquo;est le r\u00e9cit de ton pays. Je ne veux pas faire de toi une reine, mais une citoyenne.<\/p><cite>Les Ombres du monde &#8211; Michel Bussi &#8211; Presses de la cit\u00e9<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n<p>L\u00e0 o\u00f9 Bussi excelle, c\u2019est dans la construction : chapitres courts, cliffhangers qui vous forcent \u00e0 tourner la page, rebondissements qui surgissent quand on ne s\u2019y attend pas. Bref, la recette du page-turner est bien l\u00e0. Mais cette fois, ces ficelles servent un objectif bien plus grand que le simple frisson : elles transmettent une m\u00e9moire. Elles \u00e9clairent un pan de l\u2019Histoire trop souvent oubli\u00e9 ou minimis\u00e9, et elles forcent \u00e0 se poser la question qui d\u00e9range : que faisait la France en 1994 ? Quel r\u00f4le ont jou\u00e9 ses soldats, ses diplomates, ses alliances ? Silence, inaction, complicit\u00e9 ? Et surtout, que faisons-nous, nous, aujourd\u2019hui, face aux trag\u00e9dies qui se r\u00e9p\u00e8tent ailleurs ?<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/laregledujeu.org\/files\/2010\/01\/G%C3%A9nocid%C3%A9-Rwandais.jpg\" alt=\"\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\">L&rsquo;horreur de l&rsquo;histoire est ressentie dans le r\u00e9cit<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Car <em>Les Ombres du monde<\/em> n\u2019est pas seulement un roman sur le pass\u00e9. Ce livre est \u00e9pais, avec de petits caracteres, c\u2019est dense, parfois difficile, mais n\u00e9cessaire. Il est vrai que certains personnages auraient pu \u00eatre d\u00e9velopp\u00e9 mais le roman est assez \u00e9pais, cependant l&rsquo; alternance entre les \u00e9poques est juste bien effectu\u00e9e et ficel\u00e9e, entre m\u00e9moire intime et m\u00e9moire collective on apprend \u00e9norm\u00e9ment de l&rsquo;histoire. Mais avant de vous lancer dans ce r\u00e9cit, sachez une chose : on ne ressort pas indemne de cette lecture. Et c\u2019est exactement ce qu\u2019un grand roman devrait \u00eatre : pas un simple divertissement qu\u2019on repose en reprenant sa vie comme avant, mais un texte qui laisse une trace, qui interroge, qui d\u00e9range.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote\"><blockquote><p>Nulle part Ma\u00e9 ne voyait de d\u00e9chets. Aucune d\u00e9charge \u00e0 ciel ouvert, aucune poubelle \u00e9ventr\u00e9e, aucune carcasse rouill\u00e9e, aucun bout de verre et aucun morceau de papier, pas m\u00eame le moindre sac plastique envol\u00e9. Une pauvret\u00e9 sans salet\u00e9. Une mis\u00e8re immacul\u00e9e.<\/p><cite>Les Ombres du monde &#8211; Michel Bussi &#8211; Presses de la cit\u00e9<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n<p>Et c\u2019est pour \u00e7a qu\u2019il faut lire <em>Les Ombres du monde<\/em>. Parce qu\u2019il ne se contente pas de nous raconter une histoire, il nous oblige \u00e0 regarder la grande Histoire en face. Parce qu\u2019il rappelle que le silence est une complicit\u00e9. Parce qu\u2019il dit que l\u2019inaction est d\u00e9j\u00e0 une faute. Et parce qu\u2019il montre que la m\u00e9moire est une arme contre l\u2019oubli. Michel Bussi r\u00e9ussit un pari rare : \u00e9crire un roman haletant, accessible, et en m\u00eame temps profond\u00e9ment utile. Oui, utile. Et franchement, ce n\u2019est pas tous les jours qu\u2019un roman r\u00e9ussit \u00e0 vous divertir, vous instruire et vous secouer la conscience en m\u00eame temps.<\/p>\n\n\n\n<p>Et puis, soyons honn\u00eates : combien de romans r\u00e9ussissent \u00e0 parler de machettes, de m\u00e9moire collective, de gorilles, de journal intime et de magn\u00e9tophones rouges\u2026 tout \u00e7a dans la m\u00eame histoire, sans que \u00e7a paraisse absurde et que \u00e7a vous tienne en haleine ? Rien que pour \u00e7a, \u00e7a vaut la lecture.<\/p>\n\n\n\n<p>Alors, la vraie question maintenant : oserez-vous plonger, vous aussi, dans les ombres du monde sans vous ?<\/p>\n\n\n<div class=\"kk-star-ratings kksr-auto kksr-align-left kksr-valign-bottom\"\n    data-payload='{&quot;align&quot;:&quot;left&quot;,&quot;id&quot;:&quot;1219&quot;,&quot;slug&quot;:&quot;default&quot;,&quot;valign&quot;:&quot;bottom&quot;,&quot;ignore&quot;:&quot;&quot;,&quot;reference&quot;:&quot;auto&quot;,&quot;class&quot;:&quot;&quot;,&quot;count&quot;:&quot;0&quot;,&quot;legendonly&quot;:&quot;&quot;,&quot;readonly&quot;:&quot;&quot;,&quot;score&quot;:&quot;0&quot;,&quot;starsonly&quot;:&quot;&quot;,&quot;best&quot;:&quot;5&quot;,&quot;gap&quot;:&quot;5&quot;,&quot;greet&quot;:&quot;Notez ce post&quot;,&quot;legend&quot;:&quot;0\\\/5&quot;,&quot;size&quot;:&quot;24&quot;,&quot;title&quot;:&quot;Les Ombres du monde : Michel Bussi ose le Rwanda et c\\u0026#039;est captivant.&quot;,&quot;width&quot;:&quot;0&quot;,&quot;_legend&quot;:&quot;{score}\\\/{best}&quot;,&quot;font_factor&quot;:&quot;1.25&quot;}'>\n            \n<div class=\"kksr-stars\">\n    \n<div class=\"kksr-stars-inactive\">\n            <div class=\"kksr-star\" data-star=\"1\" style=\"padding-right: 5px\">\n            \n\n<div class=\"kksr-icon\" style=\"width: 24px; height: 24px;\"><\/div>\n        <\/div>\n            <div class=\"kksr-star\" data-star=\"2\" style=\"padding-right: 5px\">\n            \n\n<div class=\"kksr-icon\" style=\"width: 24px; height: 24px;\"><\/div>\n        <\/div>\n            <div class=\"kksr-star\" data-star=\"3\" style=\"padding-right: 5px\">\n            \n\n<div class=\"kksr-icon\" style=\"width: 24px; height: 24px;\"><\/div>\n        <\/div>\n            <div class=\"kksr-star\" data-star=\"4\" style=\"padding-right: 5px\">\n            \n\n<div class=\"kksr-icon\" style=\"width: 24px; height: 24px;\"><\/div>\n        <\/div>\n            <div class=\"kksr-star\" data-star=\"5\" style=\"padding-right: 5px\">\n            \n\n<div class=\"kksr-icon\" style=\"width: 24px; height: 24px;\"><\/div>\n        <\/div>\n    <\/div>\n    \n<div class=\"kksr-stars-active\" style=\"width: 0px;\">\n            <div class=\"kksr-star\" style=\"padding-right: 5px\">\n            \n\n<div class=\"kksr-icon\" style=\"width: 24px; height: 24px;\"><\/div>\n        <\/div>\n            <div class=\"kksr-star\" style=\"padding-right: 5px\">\n            \n\n<div class=\"kksr-icon\" style=\"width: 24px; height: 24px;\"><\/div>\n        <\/div>\n            <div class=\"kksr-star\" style=\"padding-right: 5px\">\n            \n\n<div class=\"kksr-icon\" style=\"width: 24px; height: 24px;\"><\/div>\n        <\/div>\n            <div class=\"kksr-star\" style=\"padding-right: 5px\">\n            \n\n<div class=\"kksr-icon\" style=\"width: 24px; height: 24px;\"><\/div>\n        <\/div>\n            <div class=\"kksr-star\" style=\"padding-right: 5px\">\n            \n\n<div class=\"kksr-icon\" style=\"width: 24px; height: 24px;\"><\/div>\n        <\/div>\n    <\/div>\n<\/div>\n                \n\n<div class=\"kksr-legend\" style=\"font-size: 19.2px;\">\n            <span class=\"kksr-muted\">Notez ce post<\/span>\n    <\/div>\n    <\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Et si un roman pouvait \u00e0 la fois vous tenir \u00e9veill\u00e9 parce que vous voulez absolument savoir ce qu\u2019il se passe au chapitre suivant\u2026 et vous emp\u00eacher de dormir parce qu\u2019il vous oblige \u00e0 regarder en face l\u2019un des g\u00e9nocides les plus terribles de l\u2019Histoire ? C\u2019est exactement ce que fait Les Ombres du monde, le nouveau livre de Michel Bussi. Et pour moi, qui n\u2019avais jamais ouvert un Bussi de ma vie, je peux dire qu\u2019il a choisi un sacr\u00e9 moment pour faire sa premi\u00e8re impression. C\u2019est un peu comme si on vous invitait \u00e0 un pique-nique et que vous d\u00e9couvriez qu\u2019en fait, vous \u00eates \u00e0 un proc\u00e8s de Nuremberg. Car oui, Michel Bussi n\u2019a pas d\u00e9cid\u00e9 de tresser un simple thriller. Non, il a choisi le Rwanda de 1994. Et l\u00e0, il faut avouer qu\u2019on rigole moins. Mais on lit, et surout&#8230;on apprend. Et si Bussi peut se permettre \u00e7a, c\u2019est qu\u2019avant d\u2019\u00eatre le roi des rebondissements, il a \u00e9t\u00e9 universitaire, g\u00e9ographe, habitu\u00e9 \u00e0 jongler avec des cartes, des archives et des v\u00e9rit\u00e9s. Pas vraiment le CV d\u2019un rigolo\u2026 mais pile celui qu\u2019il fallait pour aborder un sujet aussi lourd sans sombrer dans le roman-dossier ennuyeux Il faut marcher vers la d\u00e9mocratie avec prudence, comme quand tu t&rsquo;engages dans une escalade dangereuse, en assurant chaque prise. Les Ombres du monde &#8211; Michel Bussi &#8211; Presses de la cit\u00e9 Petit rappel historique : avril 1994, l\u2019avion du pr\u00e9sident rwandais Habyarimana est abattu. En cent jours, pr\u00e8s d\u2019un million de Tutsi sont massacr\u00e9s. Pas avec des drones ni des armes high-tech. Avec des machettes. Avec des gourdins. Avec des voisins qui tuent leurs voisins. On tuait les femmes, parce qu\u2019elles portaient la vie. On tuait les enfants, parce qu\u2019ils repr\u00e9sentaient l\u2019avenir. On tuait les anciens, parce qu\u2019ils d\u00e9tenaient la m\u00e9moire. Voil\u00e0. \u00c0 ce stade, m\u00eame l\u2019humour belge se tait. Parce que \u00e7a fait froid, tr\u00e8s froid. Le roman s\u2019articule autour d\u2019une famille franco-rwandaise : Ma\u00e9, quinze ans, passionn\u00e9e par les gorilles (les vrais, pas ceux qui vous bousculent dans les files du supermarch\u00e9), sa m\u00e8re Aline, qui a quitt\u00e9 le Rwanda enfant et qui a choisi l\u2019amn\u00e9sie plut\u00f4t que le souvenir, et Jorik, le grand-p\u00e8re, ancien militaire fran\u00e7ais, qui conna\u00eet beaucoup plus de choses qu\u2019il n\u2019en dit. Le soir de No\u00ebl, Ma\u00e9 re\u00e7oit trois cadeaux : un magn\u00e9tophone rouge, un carnet, et trois billets pour le Rwanda. Derri\u00e8re ce cadeau en apparence banal se cache un h\u00e9ritage explosif : les chants de son arri\u00e8re-grand-m\u00e8re, le journal intime de sa grand-m\u00e8re Esp\u00e9rance, et une v\u00e9rit\u00e9 familiale qui \u00e9claire un drame collectif. Je suis d\u00e9sol\u00e9e je ne suis pas de ces m\u00e8res qui chroniquent chaque anecdote de la vie de leur enfant. Ce journal n&rsquo;est pas ta biographie, c&rsquo;est le r\u00e9cit de ton pays. Je ne veux pas faire de toi une reine, mais une citoyenne. Les Ombres du monde &#8211; Michel Bussi &#8211; Presses de la cit\u00e9 L\u00e0 o\u00f9 Bussi excelle, c\u2019est dans la construction : chapitres courts, cliffhangers qui vous forcent \u00e0 tourner la page, rebondissements qui surgissent quand on ne s\u2019y attend pas. Bref, la recette du page-turner est bien l\u00e0. Mais cette fois, ces ficelles servent un objectif bien plus grand que le simple frisson : elles transmettent une m\u00e9moire. Elles \u00e9clairent un pan de l\u2019Histoire trop souvent oubli\u00e9 ou minimis\u00e9, et elles forcent \u00e0 se poser la question qui d\u00e9range : que faisait la France en 1994 ? Quel r\u00f4le ont jou\u00e9 ses soldats, ses diplomates, ses alliances ? Silence, inaction, complicit\u00e9 ? Et surtout, que faisons-nous, nous, aujourd\u2019hui, face aux trag\u00e9dies qui se r\u00e9p\u00e8tent ailleurs ? Car Les Ombres du monde n\u2019est pas seulement un roman sur le pass\u00e9. Ce livre est \u00e9pais, avec de petits caracteres, c\u2019est dense, parfois difficile, mais n\u00e9cessaire. Il est vrai que certains personnages auraient pu \u00eatre d\u00e9velopp\u00e9 mais le roman est assez \u00e9pais, cependant l&rsquo; alternance entre les \u00e9poques est juste bien effectu\u00e9e et ficel\u00e9e, entre m\u00e9moire intime et m\u00e9moire collective on apprend \u00e9norm\u00e9ment de l&rsquo;histoire. Mais avant de vous lancer dans ce r\u00e9cit, sachez une chose : on ne ressort pas indemne de cette lecture. Et c\u2019est exactement ce qu\u2019un grand roman devrait \u00eatre : pas un simple divertissement qu\u2019on repose en reprenant sa vie comme avant, mais un texte qui laisse une trace, qui interroge, qui d\u00e9range. Nulle part Ma\u00e9 ne voyait de d\u00e9chets. Aucune d\u00e9charge \u00e0 ciel ouvert, aucune poubelle \u00e9ventr\u00e9e, aucune carcasse rouill\u00e9e, aucun bout de verre et aucun morceau de papier, pas m\u00eame le moindre sac plastique envol\u00e9. Une pauvret\u00e9 sans salet\u00e9. Une mis\u00e8re immacul\u00e9e. Les Ombres du monde &#8211; Michel Bussi &#8211; Presses de la cit\u00e9 Et c\u2019est pour \u00e7a qu\u2019il faut lire Les Ombres du monde. Parce qu\u2019il ne se contente pas de nous raconter une histoire, il nous oblige \u00e0 regarder la grande Histoire en face. Parce qu\u2019il rappelle que le silence est une complicit\u00e9. Parce qu\u2019il dit que l\u2019inaction est d\u00e9j\u00e0 une faute. Et parce qu\u2019il montre que la m\u00e9moire est une arme contre l\u2019oubli. Michel Bussi r\u00e9ussit un pari rare : \u00e9crire un roman haletant, accessible, et en m\u00eame temps profond\u00e9ment utile. Oui, utile. Et franchement, ce n\u2019est pas tous les jours qu\u2019un roman r\u00e9ussit \u00e0 vous divertir, vous instruire et vous secouer la conscience en m\u00eame temps. Et puis, soyons honn\u00eates : combien de romans r\u00e9ussissent \u00e0 parler de machettes, de m\u00e9moire collective, de gorilles, de journal intime et de magn\u00e9tophones rouges\u2026 tout \u00e7a dans la m\u00eame histoire, sans que \u00e7a paraisse absurde et que \u00e7a vous tienne en haleine ? Rien que pour \u00e7a, \u00e7a vaut la lecture. Alors, la vraie question maintenant : oserez-vous plonger, vous aussi, dans les ombres du monde sans vous ?<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1223,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":true,"template":"","format":"standard","meta":{"om_disable_all_campaigns":false,"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"everybody","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"iawp_total_views":24,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[56,63],"tags":[93,97,60],"class_list":["post-1219","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-coup-de-coeur","category-les-chroniques-sauces-a-part","tag-les-presses-de-la-cite","tag-michel-bussi","tag-roman-noir"],"aioseo_notices":[],"acf":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/lebelgequilit.com\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/D7276253-E787-4DD5-9F76-44D4F1D30909.jpeg","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lebelgequilit.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1219","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/lebelgequilit.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lebelgequilit.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lebelgequilit.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lebelgequilit.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1219"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/lebelgequilit.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1219\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1224,"href":"https:\/\/lebelgequilit.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1219\/revisions\/1224"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lebelgequilit.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1223"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lebelgequilit.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1219"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lebelgequilit.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1219"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lebelgequilit.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1219"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}